Mme A., 75 ans, est adressée dans le service pour altération de l’état général et amaigrissement de 7 kg en deux mois, avec asthénie et perte d’appétit. Le poids de base était de 65 kg. Elle rapporte un bon état général auparavant, et ne se plaint spontanément de rien. L’interrogatoire plus précis retrouve cependant une douleur lombaire apparue il y a 3 semaines, s’accentuant progressivement depuis, plus importante la nuit, gênante en position assise, que la patiente met sur le compte ‘de son âge’.

L’examen clinique objective l’amaigrissement, portant essentiellement sur la masse musculaire. L’abdomen cependant est volumineux. Il existe des télangiectasies sur le thorax, une érythrose sur la paume des mains et la plante des pieds, une circulation collatérale abdominale. On palpe une hépatomégalie dure à 3 travers de doigts, et une splénomégalie plutôt molle à 2 travers de doigts.

La pression artérielle est à 13/70. Le rythme cardiaque vous semble régulier à l’auscultation, la fréquence est à 110/mn, et vous entendez un souffle systolique 3/6 au foyer aortique accompagné d’un souffle diastolique 2/6. Les pouls périphériques sont perçus sans souffle. L’auscultation pulmonaire objective des crépitants discrets dans les deux bases sur une hauteur de 3 cm environ. Les aires ganglionnaires sont toutes libres. L’examen neurologique retrouve une abolition des réflexes ostéo-tendineux au niveau des membres inférieurs, de nombreuses erreurs au pique-touche, et une diminution globale de la force musculaire des 4 membres. Il n’y a pas de tremblement ou de trouble de l’équilibre, yeux ouverts ou fermés. La recherche du signe de Babinski est négative. Les fonctions supérieures sont correctes.

En reprenant l’interrogatoire, la patiente vous apprend qu’elle présente un diabète depuis plusieurs années, soigné par comprimés, et qu’elle ne se ‘pique pas’. Elle nie farouchement toute consommation d’alcool, mais sa fille vous confirme qu’elle doit boire 6 à 8 verres de vin par jour depuis là encore, plusieurs années. Elle était cependant autonome à domicile, et sa fille l’a vue ‘décoller’ en deux mois.

Votre premier bilan objective :